Popy de Saint-Setiers
 

 

 

 
 

 

Communiqué de presse 

     A Saint-Setiers, le lundi 26 juin 2006 

                         

 

« Les Vagabondes » s’invitent au village de Clédat

 

 

A l’occasion de la Fête des Roses qui a lieu au village déserté de Clédat, l’association « Mouvance », installée dans le hameau de La Pommerie à Saint-Setiers, propose un spectacle nocturne le samedi 22 juillet 2006 à 21 heures.

 

« Il était une fois Clédat», le spectacle créé par la plasticienne Michèle Laveix, allie les arts plastiques à la danse et au chant. Il s’agit d’un spectacle mouvant éphémère qui assemble la matière et le mouvement en osmose avec l’espace. Les pierres et les murs du village de Clédat laissent apparaître les fantômes de femmes sans visages.

 

Avec « Il était une fois Clédat», Michèle Laveix réalise une « déambulation de personnages parés de vêtements gigantesques sous le signe des roses qui représentent des femmes, un chant, des messages, sorte d’elles. Porteuses d’une extravagante mémoire, ce sont leurs contes qu’elles nous laissent imaginées, accompagnées d’une musique lointaine et d’une lumière fugitive ».

 

« Il était une fois Clédat » est interprété par 4 danseuses et la mezzo soprano Marie Kobayashi. Née au Japon et installée à Paris depuis 1982, cette dernière a prouvé son talent à maintes reprises en obtenant de nombreux prix internationaux. Marie Kobayashi explore un répertoire allant du baroque à la musique contemporaine, et collabor même avec le compositeur Bruno Coulais pour ses musiques de films, notamment celui de « Microcosmos ».

 

Le village déserté de Cledat, décor et sujet du spectacle, est situé sur la commune de Grandsaigne, au pied du Puy de la Fageolle. A l’origine de Clédat, au Moyen-Age, était un relais pour les voyageurs et les pélerins, puis un hospice doté d’une chapelle puis un village… Vers le milieu du XXeme siècle, la population de Clédat est partie, la forêt a repris sa place.

 

L’association « Renaissance des vieilles pierres entre Millevaches et Monédières » œuvre pour la sauvegarde et l’animation des lieux depuis 1998. C’est de la rencontre de ses membres avec Michèle Laveix qu’est né le spectacle « Il était une fois Clédat ».

 

Informations pratiques :

 

Tarifs : 8 € - gratuit pour les moins de 12 ans

 

Renseignements et réservations auprès des offices de tourisme de Bugeat (05 55 95 18 68) et de Sornac (05 55 94 62 66) – possibilité de vente de billets sur place

 

Partenaires : Mairie de Saint-Setiers, Communauté de communes de Millevaches au cœur, Conseil Général de la Corrèze, 1000 watts et l’association « Renaissance des Vieilles Pierres entre Millevaches et Monédières ».

 

 

Chapelle et village de Clédat

 

Clédat, village de la commune de Grandsaigne aujourd’hui déserté, est installé au pied du Puy de la Fageolle, face à la vallée de la Corrèze. Ses maisons sont éparpillées parmi de gros blocs rocheux qui semblent surgis du sol pour en étayer les murs ! Cet ensemble pittoresque est en fait le résultat d’une intense érosion qui a dégagé du sous-sol des boules de granite. Il est maintenant cerné par la forêt domaniale de Larfeuil ce qui ajoute à son mystère. Clédat a une longue histoire. Au Moyen-Âge l’évêque de Limoges décida de créer un relais pour les voyageurs et les pèlerins qui suivaient le chemin de longs parcours très déserts entre Pérols et Saint-Yrieix-le-Déjalat. D’après des documents d’archives c’est vers 1660 que l’on choisit un replat ensoleillé, bénéficiant de sources abondantes pour y implanter l’hospice de Clédat doté d’une chapelle qui subsiste aujourd’hui. Un village de paysans s’établit autour par défrichement de la forêt, il se développa et fut même le siège d’une petite paroisse jusqu’en 1676.

 

Le village s’est maintenu après l’abandon du chemin et la disparition de l’hospice, et son rôle d’accueil s’est poursuivi car la chapelle et une « bonne fontaine » dédiées à Sainte Magdeleine ont été un lieu de pèlerinage jusqu’au milieu du XXe siècle. Mais vers 1960, le village, à l’écart des routes modernes, et où le relief ne permettait pas la mécanisation de l’agriculture fut abandonné par ses habitants, laissant place à la forêt.

 

En 1998, émus par la disparition prochaine de la chapelle, des bénévoles ont fondé l’association « Renaissance des vieilles pierres entre Millevaches et Monédières ». Pour donner une nouvelle vie au village et perpétuer sa tradition d’accueil, l’association y organise des rencontres festives et culturelles. Ainsi ce site envoûtant chargé d’histoire au milieu d’une immense forêt parcouru par un réseau de chemins de randonnées balisés par l’association, accessible en voiture par des pistes forestières est en passe de devenir un pôle du tourisme culturel du Parc Naturel Régional « Millevaches en Limousin ».

 

                                                                                              Annie Laval


 
 

Au commencement, il y eut l'eau, car l'eau c'est la vie.

 

Des entrailles de la terre, l'eau surgit à la source puis s'écoule, vagabonde, éternelle et toujours passagère. Les pas de ceux qui passent, venant de près, venant de loin, tracent les chemins sur les crêtes, s'arrêtent à la source qui désaltère, lave, soulage, soigne, purifie. Une puissance l'habite – sait-on toujours comment elle se nomme? - qui autour d'elle crée la vie et que les humains vénèrent. Autour d'elle il se groupe pour vivre, bâtir, s'aimer, naître, mourir. Toujours, de tout temps.

A Clédat, la source était là, et des hommes sont passés, se sont arrêtés, se sont abreuvés, soignés, ont vécus, sont morts. L'Évêque, c'est écrit, y a fait vivre un hospice pour les pauvres, les malades, les voyageurs. Et la source, il l'a nommée Sainte Madeleine. Mais la source coulait là bien avant lui, et même si ça n'est pas écrit, c'est inscrit dans les mémoires comme dans la chanson :

            « Voletz tu venir, Madalena,

            Voletz tu venir coma nos ? »

appellent Saint Joseph et la Sainte Vierge pour l'attirer. Et la Madeleine, d'abord réticente, finit par se présenter à l'église avec le soleil, la lune et les étoiles (et les roses peut-être...) qui brillent sur ses atours, comme jadis quand il se reflétait à la surface de son eau, tellement belle, tellement grande que tout tremble autour d'elle. Qu'elle baisse un peu de ses grandeurs ? Ah non certes, comme dit la chanson, le bon dieu les lui a donné pour qu'elle les porte tous les jours !

A Clédat, c'est comme ça, les femmes ont toujours été là, grande et puissante : la Madeleine de la source, puis la dame de l'hospice, les dévotes « religieuses » qui menaient les pèlerinages, la Bleuye toujours vécue de bleu qui,sur des draps blancs, piquaient de roses les murs de la chapelle, les jeunes filles qui cherchaient mari à la fête des jonquilles et toutes les autres. Et quand la dernière femme est partie, l'eau de la source a tari et le dernier célibataire est parti. La vie s'est arrêtée. Arrêté ? Et si elle n'était pas partie vraiment. Errante, vagabonde, celles qu'on dit parfois dames blanches, vierges noires ou lavandières de la nuit, âmes sans visage de celles qui sont passées, invisibles dans ces vieilles pierres ou réfugiées dans les arbres pour s'y reposer, les sentez-vous, là, tout près ?

 

Ce soir, par la vertu d'une femme qui a imaginé

                              de deux femmes qui ont entretenu pour faire renaître

                               de cinq femmes qui vont danser sur la voix de la sixième

pour une nuit, écoutez, regardez...

                                                                       Immenses, sacrées,

                                                                       Ce sont elles.

                                                                       Clédat revit.

 

                                                                                  Marie-France Houdart
 

 


 

Il était une fois Clédat

Spectacle-mémoire     

 

C’est un village abandonné. Avec le départ du dernier occupant, la vie a quitté cet endroit il y a tant d’années. Que reste t’il ? Seule la force de l’imagination.

Où vont les pensées ? La réalité devient rêve. Les silhouettes qui nous hantent n’ont pas de visages connus. Le promeneur n’a pas de souvenirs, pas d’images. Il erre et laisse venir à lui les présences, véritables vagabondes qui glissent devant lui, sortent des sentiers traversant les pans de mûrs déséquilibrés.

Tout se confond avec la nature envahissante qui s’accroche sur les rochers ronds en prenant des allures démesurées. Ces présences ou cette présence qui nous apparaissent bien réelles mais dans une autre dimension. Elles nous racontent. Il était une fois…

 

« Déambulation de personnages parés de vêtements gigantesques sous le signe des roses qui représentent peut-être des femmes, un chant, des messages, sortes d’elles. Porteuses d’une extravagante mémoire, ce sont leurs contes qu’elles nous laissent imaginées, accompagnées d’une musique lointaine et d’une lumière fugitive. »

 

                                                                                              Michèle Laveix

 

Mémoire

 

« L’homme est inscrit dans le lieu où il vit, où il travaille, où il passe. Nous portons tous en nous le souvenir de notre passage ». C’est à partir de cette citation que Michèle Laveix construit ses créations qui symbolisent une mémoire où leur vécu n’existe que par l’imagination et l’émotion. L’observation du lieu réveille l’imaginaire et suggère alors une mise en espace.

 

A partir de lieux ouverts ou bien de lieux clos, construction humaine, cette plasticienne propose un spectacle mouvant éphémère qui assemble la matière et le mouvement en osmose avec l’espace. Les pierres et les mûrs du village déserté de Clédat laissent apparaître les fantômes de femmes sans visages. L’histoire relate que dans cet environnement a pu exister une léproserie ? Mémoire !!!

 

C’est toujours dans ce but que ses créations trouvent leur sens. L’irréel prend place, geste et attitudes multiplient nos souvenirs afin que des instants se posent.

 

Jean-Paul PASQUET 2006