LE TEMPS DES IDOLES



 

Ah les idoles, pas celles que l’on vénère à travers des vitraux, qui ont un air sévère et nous prennent de haut. Non les idoles yéyé et les chansons magiques qui nous faisaient aimer même les mathématiques. Quand Salut les copains débarquait sur les ondes et que dans notre coin nous étions seules au monde, pour aimer l’amoureux qui nous avait sourit, nous avait pris la main, et qui semblait conquis.

 Libérées du lycée que nous pensions prison, les cartables envolés, le cœur à l’unisson, nous chantions à tue tête et pas toujours très juste les tubes de nos vedettes en leur vouant un culte.

 Johnny, Sylvie, Eddy et les Beatles aussi, tous ces jeunes paraissant nous ressembler parfois, qui nous chantaient l’amour et le plaisir permis, qui prônaient la révolte et dirigeaient nos choix. Et c’était si facile de jouer les révoltées, prêtes à tout, malhabiles, pensant refaire le monde, qu’est-ce qu’on a pu rêver….

 Où sont-elles ces idoles qui semblaient nous comprendre, guérissant nos chagrins et prenant notre main puisqu’elle était à prendre. Aujourd’hui dans un monde voué à la monnaie, que sont-elles devenues ces chansons si légères qui décoraient nos vies. Les chanteurs d’autrefois sont devenus gérants d’un business alourdi par les charges sociales et l’amour de l’argent.

 Pourtant c’était magique et pas très compliqué, deux guitares électriques, une batterie, un yéyé…. N’en déplaise à certains ils nous ont apporté avec cette « sisique » le bonheur d’exister, avant nous n’avions rien, que le bal à papa, le rock est arrivé et a changer tout çà.

 Mais que dire aujourd’hui Johnny le révolté est monument classé, Sylvie fait son jogging tout  près de Beverley, les Beatles sont morts…. Frank Alamo, Richard Anthony, Lucky Blondo, Sheila et autre Pétula me paraissent si loin, et pourtant à jamais ils sont si près de moi.

 Et Cloclo nous chantait les shalala les wohoho et comme lui je le sens: « hier est encore là». Alors je prends mes disques (CD bien entendu), j’allume ma platine, mon Teppaz étant mort, et dans la nuit complice, j’écoute tout doucement d’abord,  puis avec force ces chanteurs délaissés qui me font souvenir de mes jeunes années. Et je me dis bien sûr que les choses ont changées, mais pour quelques instants je remonte le temps, c’est super…. j’ai 16 ans….

Dominique NEMETH-PASQUET 2006





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