Popy de Saint-Setiers
 

 

DISCOURS

HISTOIRE DE L'ECOLE COMMUNALE DE SAINT-SETIERS

 

 

 

EXTRAIT du discours prononcé le 13 septembre 1981 par M. le Dr A.CLOUP,
Maire de SAINT-SETIERS pour le CENTENAIRE DE LA MAIRIE ET DE
L'ECOLE DE ST-SETIERS.

 

En ce bel automne de 1881, les habitants de st-setiers inauguraient avec fierté leur Mairie et leur Maison d'Ecole. M.Jean POULOUX, Maire de la commune, entouré de ses conseillers prenait possession de ce grand bâtiment comportant, autour de la Mairie, quatre grandes classes et deux logements pour les instituteurs. Le Président de la république était M.Jules GREVY. Le Président du conseil des Ministres, M.Jules FERRY, venait de faire voter, non sans difficultés, la loi instituant l'école primaire gratuite, obligatoire et laïque. Elu le 23 janvier 1881, le Conseil Municipal avait la composition suivante :

Maire : M.Jean POULOUX du chassain. Adjoint : M.Léonard MAZAUD doyen du conseil.

Conseillers : M.M.François THEVENOT. Emile BUJACOUX, Barthélémy CHADEBECH, Léonard
CARBONNET, Léger FOREST, François POULOUX, Leonard LECADET, François LABARRE, Louis
SAUTAREL, Baptiste LOGE.

Le terrain de 40 ares, destiné à construire la Maison d'école et la mairie, avait été cédé le 16 février 1879 par la famille DUNAIGRE, pour la somme de mille francs. Le devis des travaux, dressé par l'architecte de l'arrondissement, M.ROUFFIAT, s'élevait à 31000f, ce qui portait le
coût total à 32000f. (Au cours actuel de la bourse ce bâtiment a coûté en 1881 l'équivalent de 152 millions de centimes actuels.) Nous lisons dans la délibération du 20 avril 1881 "que pour cette somme, l'Etat venait au secours des communes pour la moitié de la dépense et qu'ainsi l'Assemblée n'aurait à voter que la somme de 16000f, de laquelle il fallait soustraire celle de 5000f en caisse ; restait à pourvoir par un emprunt extraordinaire celle de 11000f ; que cette somme pouvait être empruntée à la caisse des écoles moyennant un intérêt réglé pendant la durée de l'emprunt et amortissable à l'échéance qui serait indiquée." A la suite de cette réunion mémorable, l'Assemblée émet le vœu: "que le gouvernement prenne en considération les sacrifices qu'elle fait." Oui chers amis, la construction de ce bâtiment représentait à l'époque un immense sacrifice et symbolisait le désir des habitants de la commune d'accéder au savoir. Finalement, l'emprunt de 11000f fut obtenu au taux de 4% auprès de la caisse des dépôts et consignation, amortissable en 30 ans. L'intérêt de cet emprunt fut couvert par un impôt extraordinaire de 440f par an, voté le 6 mars 1881 en présence de tous les conseillers et des "plus imposés" de la commune. Le budget communal de 1881 était de 5697f (soit 27 millions actuels ou les 2/3 de notre budget actuel.) 2550f, soit prés de la moitié du budget, était consacré à payer les maîtres de l'instruction primaire. C'est vous dire l'intérêt passionné de nos anciens pour le développement de l'instruction publique et de l'école laïque. En 1881, la commune comptait 1457 habitants: cultivateurs, artisans, commerçants, et de nombreux scieur de long. 130 exploitations agricoles constituaient la base de son activité et chaque famille vivait tant bien que mal sur la terre familiale. Les enfants étaient très nombreux dans toutes les maisons et, dés la rentrée, une animation fébrile régna dans nos quatre classe,
toutes bondées et résonnantes du bruit des sabots et du claquement des pupitres. Venus le matin de tous les villages, à pied, par tous les temps, avec dans leur musette, une tranche de pain bis pour tremper la soupe de midi qui était généralement servie dans une maison amie du bourg. Arrivés à l'école à 5 ou 6 ans, beaucoup d'enfants ne parlaient que le patois et la tâche première des maîtres fut de leur enseigner le français. Dés 16 heures, ils reprenaient le chemin de leurs villages où ont les attendaient pour garder les troupeaux et vaquer aux nombreuses occupations de la ferme. L'école laïque était née et elle allait accomplir une tâche considérable. Le certificat d'études fut la première récompense de ces élèves et aussi des bons maîtres qui leur dispensaient l'enseignement. Il permit à lui seul, à beaucoup d'entre eux de réussir des carrières remarquables. Il resta pour beaucoup d'autres le seul objectif de l'école, car la terre avait besoin de bras et, leur diplôme en poche, beaucoup d'enfants revenaient à l'exploitation familiale. Il fallut attendre de longue année pour voir, après la guerre de1914-1948, quelques familles envoyer leurs enfants poursuivre leurs études à l'école primaire supérieure ou au lycée. Ce fait important marquera en même temps l"évolution sociale de notre pays et le début du déclin de l'agriculture. Les fermes trop petites pour assurer la subsistance de tous les enfants, l'émigration vers les
lieux de travail, et surtout vers Paris, devint une tradition. Les parents restaient au pays toute l'année et assuraient seuls les soins du bétail pendant l'hiver. Les enfants revenaient après dix mois de travail à Paris pour commencer la fenaison à la St-Jean et repartaient après la moisson, à la fin du mois d'août. Cette saison d'été : réveil au lever du soleil et coucher après avoir engrangé la dernière charrette de foin ou de gerbes de seigle, c'était les vacances laborieuses de l'époque. C'était aussi la saison des amours, des mariages et des belles noces comme il est difficile d'en faire aujourd'hui. Cette situation subsista jusqu'en 1945, après la guerre. Toutes les fermes étaient encore en exploitation à cette époque et il faut bien dire qu'elles permirent à beaucoup de nos compatriotes de ne pas mourir de faim pendant l'occupation nazie. Dés 1946, nous avons assisté à un exode massif de tous les jeunes vers la ville et, désormais, les petites exploitations s'éteignirent une à une, après la disparition des anciens. C'est à cette époque, triste pour notre agriculture que beaucoup de terre furent vendues ou plantées. Nous devons rendre hommage aujourd'hui à tous les bons maîtres qui se sont succédés dans cette école depuis cent ans :  M.et Mme BOURBON la dirigèrent de sa fondation jusqu'en 1913 avec pour adjoints, M.et Mme Touquet. Ils ont laissé un souvenir inoubliable dans notre commune.  M.et Mme BATTUT y enseignèrent de 1913 à 1943.Ils furent mes maîtres et je tiens à leur rendre un hommage affectueux.   M.BASCOULERGUE y exerça pendant deux ans, de 1944 à 1946. M.CHALARD et Mlle menu, pendant l'année scolaire 1946-1947.  M.et Mme PAUL enfin furent nos instituteurs pendant prés de 20 ans, de 1947 à 1966, année de la fermeture de la seconde classe. Ils ont marqué la jeunesse de notre pays par la qualité de leur enseignement et par la rigueur des principes qu'ils nous ont inculqués: la morale, la discipline, le sens du travail et du devoir, l'instruction civique, le patriotisme symbolisé par ces drapeaux que, portaient les conscrit de l'époque. M. Jean POULOUX, du chassain, fut le premier Maire à occuper cette Mairie Il était également conseiller Général du canton de Sornac Elu en 1876, après le décès M. Ferdinan DUNAIGRE, il fut réélu en 1881 et mourût en 1889.


 

DERNIER CONSEIL DE L'ECOLE DE SAINT-SETIERS
Il m'a été fourni par Mr.MEGRET dernier instituteur de Saint-Setiers.   Merci


  Hélas, l'école communale de Saint-Setiers est fermée depuis.  


Jean-Paul PASQUET 2005