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Conservation des
champignons.
Il
sera toujours préférable de consommer le résultat de sa récolte le plus
rapidement possible, pour profiter au maximum de l'état de fraîcheur des
champignons, ceux ci ne pouvant être conservés au réfrigérateur qu'un maximum de
2/3 jours. Cependant certaines années fastes feront que, de retour d'une
promenade plus fructueuse qu'à l'accoutumée, l'idée vous traverse l'esprit d'en
conserver quelques-uns pour les longues soirées d'hiver ... bref comment les
conserver?
1. Pour les nettoyer :
Déjà, une
première recommandation à tous chercheurs de champignons qui destinent sa
récolte à la consommation, est de se munir d'un couteau de poche si possible
muni d'une petite brosse, pour un premier nettoyage sur le terrain : couper les
bouts, et brosser les restes de terre, de feuilles et tout autre parasite qui
encombre le champignon. Déjà très propre, celui- ci sera déposé délicatement
dans votre panier en osier, pour que la récolte respire et ne commence à
s'oxyder ( proscrire tout contenant en plastique ).
De retour au domicile, tout naturellement le nettoyage sera fonction :
·
de
la nature des champignons, ( à chair molle ou consistante, à lames ou à pores,
grands ou petits, ..)
·
de
leur utilisation, ( immédiate ou conservation ou séchage ou congélation ..)
·
des
normes de sécurité à observer. ( par exemple la littérature conseillera pour
certaines espèces de les blanchir ou de les cuire fortement ou peut- être de
pouvoir les consommer crus.)
Donc, bien
évidemment, tout un tas de paramètres qui vont conduire à un nettoyage
particulier pour chaque champignon.
De grands spécialistes de la gastronomie vous expliqueront que le trempage nuit
à la tenue et la saveur du champignon en le gorgeant d'eau et qu'il va noircir
après le lavage. Et ils ont raison, oui mais, c'est une caricature qui donne
mauvaise conscience aux adeptes du nettoyage à grandes eaux.
Comment pourrait on nettoyer une belle sparassis crispa autrement qu'en la
trempant dans une eau vinaigrée et la rinçant soigneusement j'allais presque
dire trous par trous. Ou alors, imaginez une très belle récolte de trompettes de
la mort (excellents comestibles et non mortels contrairement à ce que pourrait
laisser entendre le nom) agrémentée de quelques belles poignées de chanterelles
en tubes, dans ce cas, je prépare une belle quantité d'eau que je sale et
vinaigre, puis je jette les champignons dans cette eau que je remue
énergiquement et ressors trompettes et chanterelles à la main ou à l'écumoire
pour laisser tout le sable au fond du récipient, et avec le même principe on
termine par un ou deux rinçages.
Maintenant, prenons le cas d'une récolte de cèpes de belle grosseur et
consistante; là : un couteau et une brosse douce ou un pinceau à poils durs pour
parfaire le bas du pied, et un chiffon légèrement humide pour le chapeau. Dans
ce cas, c'est vrai, il faut éviter de tremper dans l'eau, les pores se
gorgeraient totalement d'eau, dénaturant la qualité du champignon.
Pour les
champignons que l'on va pouvoir consommer crus, encore un problème de principes.
Pour faire une salade de champignons de Paris crus, je ne peux m'empêcher de les
passer sous l'eau courante en pensant à toutes les mains qui les auront touchés
avant de terminer dans mon panier. Les essuyer tout de suite dans un linge bien
sec. Pour ceux récoltés en forêt ou lisières, parcs ... le problème est
identique. Même s'ils paraissent propres, rappelons nous des recommandations
faites pour tous les petits fruits rouges que l'on trouve lors de nos
promenades, il est strictement recommandé de ne rien consommer cru sans lavage
préalable, car possibilité de transmission croisée des urines d'animaux vers
l'homme. Donc et à mon avis, ce qui vaut pour les fruits rouges je le considère
entier pour les champignons. De toutes façons, prudence, très peu de champignons
peuvent être consommés crus.
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2. La dessiccation
:
C'est une
méthode simple qui convient particulièrement bien aux espèces à chair mince
telles les mousserons, trompettes des morts, chanterelles d'automne, petites
morilles ou à des champignons plus épais mais alors coupés en fines lamelles
de quelques millimètres. Les grosses morilles pourront elles être coupées en
deux ou quatre, mais ça c'est une autre histoire.
C'est une excellente méthode qui conviendra particulièrement bien aux
mousserons, morilles, shii-take, trompettes qui voient ainsi leurs arômes
renforcés.
Partant du principe que pour le séchage on ne peut laver les champignons, il
faudra les nettoyer directement sur le terrain en supprimant toutes traces
de terre ou autres résidus de cueillette, pour éviter de souiller la
récolte. Ne prendre bien évidemment que des sujets jeunes, parfaitement
sains, sans aucune trace de larves, et parfaitement identifiés.
Pour un séchage de bonne qualité, il faudra trouver un local bien sec,
ventilé et chaud, le grenier fera parfaitement l'affaire, ou la cave à côté
d'un radiateur ou d'une source de chaleur. Mais il faut que ce séchage
s'effectue le plus rapidement possible; si les champignons ou lamelles fines
ne craquent pas sous la pression des doigts ou bout de 4-5 jours maximum,
c'est que l'endroit ne bénéficie pas des meilleurs conditions et la qualité
s'en ressentira.
Pour le matériel, rien de plus simple. Il faut que les champignons à sécher
reposent sur un support permettant à l'air de circuler parfaitement, un fin
filet tendu sur un support conviendra parfaitement. Moi, je les ai
confectionnés tout simplement avec quelques planches clouées en cadre sur
lesquelles j'ai agrafé des filets de pommes de terre en matière synthétique
coupés et cousus ensemble. Certains auteurs parlent de treillis ou
grillages, à mon avis c'est une solution moyenne qui peut entraîner des
réactions d'oxydation du métal au contact des champignons humides.
Pensez à l'utilisation de moustiquaires pour écarter les indésirables.
Pour illustrer cette méthode, je vous
propose le séchage du reste d'une récolte d'oreilles
de Judas
effectué en trois jours, près d'un radiateur à la cave. Bien sûr une fois
l'opération réalisée, il ne reste plus grand chose, et on pourra entreposer
les champignons séchés dans des bocaux bien hermétiques, ou sacs en
plastique type congélation bien fermés.
Pour
pouvoir réutiliser ces champignons séchés, trempez les environ 10-15 min
dans l'eau tiède, rincez les de plusieurs eaux, et utilisez les comme ceux
séchés du commerce.
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3. Poudre de champignons :
Ne prendre que
des champignons très fins ou coupez les en lamelles bien fines. Procédez au
séchage comme précédemment. Terminez le séchage dans un four électrique
thermostat 1 ou 50° porte entre ouverte jusqu'à ce que les champignons soient
très friables et passez les dans un moulin à café manuel. Cette poudre pourra
être stockée dans de petits bocaux à épices ou à confiture dans un endroit bien
sec. On pourra s'en servir pour faire des veloutés aux champignons, agrémenter
une sauce, ou comme épice un peu différente sur vos plats cuisinés.
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4. La congélation
:
Sans doute
la méthode de conservation la plus simple à mettre en oeuvre, mais qui à
tendance à ramollir certaines espèces à chair ferme. Il faudra éviter de les
congeler crus, et prendre les mêmes précautions que pour le séchage .
Après les avoir bien lavés, deux méthodes possibles. Vous pouvez soit les
blanchir dans une eau frémissante et salée environ 5 minutes, ou les faire
rejeter leurs eaux de végétation dans une poêle à feu vif avec un peu
d'huile, puis jetez l'eau qu'ils ont rendue. Pour le reste, les deux
méthodes se rejoignent. Il faut les égoutter et je conseillerais de les
entreposer sur des linges propres pour les sécher partiellement avant de les
mettre dans des sacs plastique, ou bocaux en verre. Faire sortir un maximum
d'air avant de bien refermer les sacs plastique et les entreposer au
congélateur.
Méthode bien pratique pour préparer à l'avance de petites portions spéciales
omelettes, rôtis, soupes ou autres préparations
Pour leurs utilisations, inutile de les décongeler d'avance, mais utilisez
les directement sortis du congélateur, comme n'importe quel champignon
frais.
En guise
d'exemple, voilà le cas typique d'utilisation de la congélation : de retour
de cueillette, nous sommes devant un beau panier garni de trois petites
sparassis crispa ou clavaire crépue, mais aussi d'une belle récolte de rosés
des prés, champignons assez fragiles et que l'on cuisinera ce soir.
Par contre, nos trois sparassis qui sont des champignons supportant très
bien la congélation, nous allons de ce pas faire un petit sachet à congeler
pour une prochaine utilisation.
Les photos :
1.
laisser tremper 5 min les champignons dans une eau vinaigrée pour déloger
les compagnons indésirables,
2.
bien rincer et égoutter sur papier absorbant,
3.
remplir un sachet congélation, en faire le vide d'air, fermer à l'aide du
ruban métallique, couper le plastic superflu et congeler immédiatement. |


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5. La
stérilisation :
C'est une
méthode qui demande un peu plus de temps et de matériel, et qui sera mise en
oeuvre dans le cas de récoltes plus importantes. Ce type de conservation
peut convenir pour toutes les sortes de champignons, en prenant soin
toujours de ne prendre que des sujets frais ....
Pour le reste, blanchissez les champignons 4 minutes dans une eau
bouillante, salée avec environ 15-20 gr de sel par litre. Égouttez les et
rafraîchissez les immédiatement dans une bonne quantité d'eau, égouttez à
nouveau puis rangez les dans les bocaux presque jusqu'au trait de
remplissage. Remplir les bocaux ainsi garnis d'une eau salée et poivrée,
posez capsules ou caoutchoucs, fermez et stérilisez 2 heures à 100° ou même
pas une heure à 105°.
Pensez à
disposer les bocaux dans le stérilisateur en isolant chaque bocal d'un
linge, pour éviter qu'à l'ébullition, les récipients ne s'entrechoquent et
ne se dégradent. La stérilisation terminée, laissez refroidir l'ensemble
toute la nuit, et lorsque vous sortez les bocaux, bien vérifier que le
niveau à l'intérieur de ceux-ci n'a pas augmenté, ce serait un signe de
mauvaise étanchéité => donc à rejeter. Pensez aussi qu'un bocal se mérite, à
l'ouverture il va falloir user de toutes ses forces pour atteindre le
précieux contenu, et si tel n'était pas le cas, il faudra rejeter le bocal. |

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6.Champignons au sel :
1:) Blanchir
les champignons comme précédemment, les égoutter et rafraîchir immédiatement.
Rangez les dans des bocaux, puis recouvrez les d'une eau préalablement bouillie
et additionnée de 50 gr de sel par litre. Dans chaque bocal, versez deux à trois
cuillères à soupe d'huile de sorte à bien recouvrir l'eau, puis fermez
hermétiquement les bocaux
2:) Autre
possibilité : toujours les blanchir, égoutter, rafraîchir et bien essuyer. Les
disposer dans des pots en grès par couches en alternant avec une bonne couche de
gros sel.
Pour l'utilisation, les prendre au fur et à mesure des besoins. Les rincer et
les mettre à dessaler au moins douze heures pour les utiliser en cuisson.
7.Conservation à l'huile
Pour
champignons fermes comme les cèpes, girolles, pied de moutons...
:Là encore, plusieurs méthodes, une première assez simple, la seconde un peu
plus lourde avec stérilisation, mais pour des temps de conservation plus longs;
- bien
nettoyer les champignons, les couper en lamelles, les faire rejeter leur eau de
végétation en les passant rapidement dans une poêle sans matière grasse ( poêle
antiadhésive) , puis les blanchir dans une eau salée et vinaigrée, et enfin les
sécher sur papier absorbant. Prendre des bocaux stérilisés, bien ranger les
champignons, les couvrir d'huile. A consommer dans les 6 mois.
- passons sous
silence le fait qu'il faut aussi nettoyer, et passons tout de suite au
blanchiment des champignons à effectuer dans une eau bouillante et salée environ
5 min. Les rafraîchir immédiatement. Les égoutter sur linge ou papier et les
disposer dans les bocaux. Recouvrir les champignons d'une huile bien chaude,
garnir les bocaux de caoutchoucs ou capsules suivant matériel, et stériliser 20
min à 105°. Ainsi préparés, ils pourront être conservés un an.
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