|

LE PAIN

LES
DIFFERENTS
PAINS

Quand
on
parle
de
“pain
maison”,
sachez
que
ce
qualificatif
ne
peut
être
utilisé
que
si
le
pain
est
pétri,
façonné
et
cuit,
donc
fabriqué
là-même
où
il
est
vendu.
Quand
on
parle
de
"pain
à
l’ancienne",
il
s’agit
d’un
mode
de
fabrication
fidèle
à
des
usages
anciens
répertoriés
par
la
profession.
Quand
on
parle
de
“pain
bio”,
il
s’agit
d’un
pain
dont
95 %
des
ingrédients
au
moins
sont
issus
de
l’agriculture
biologique.
En
revanche,
un
petit
nombre
d’additifs
est
également
autorisé.
Le
“pain
de
tradition
française”
est
un
pain
sans
additifs
ni
surgélation...
Le
logo
AB
vient
certifier
la
conformité
du
pain
bio
à
son
cahier
des
charges.
Quand
on
parle
de
“pain
de
campagne”,
il
s’agit
d’un
pain
qui
a
été
fait
à
base
de
farine
de
blé
mélangée
ou
non
avec
de
la
farine
de
seigle
selon
un
procédé
qui
évite
le
blanchiment
de
la
pâte,
développe
une
saveur
acidulée
et
prolonge
sa
fraîcheur
grâce
à un
pétrissage,
une
fermentation
et
un
mode
de
cuisson
particuliers.
Quand
on
parle
de
“pain
de
seigle”,
il
s’agit
d’un
mélange
de
farine
de
seigle
avec
au
plus
35 %
de
farine
de
blé.
Quand
on
parle
de
“pain
au
seigle”,
la
proportion
de
farine
de
seigle
doit
être
supérieure
à 10
% du
mélange
avec
la
farine
de
blé.
Quand
on
parle
de
“pain
bis”
il
s’agit
d’un
pain
préparé
avec
une
farine
de
blé
type
80
ou
110,
dite
“bise”.
Quand
on
parle
de
“pain
complet”
ou
de
“pain
intégral”,
il
s’agit
d’un
pain
préparé
avec
une
farine
de
blé
dite
complète
ou
intégrale
:
soit
par
mouture
complète
du
grain
de
blé
propre,
soit
après
regroupement
de
l’intégralité
des
produits
de
mouture.
Tous
ces
pains
existent
dans
la
version
“tradition
française”
sans
additifs
ni
surgélation
à
aucun
moment
de
leur
fabrication.
|
|
|
|
|
|

L'HISTOIRE DU PAIN
EN 9 EPISODES
|
 |
A l'origine, les
céréales
Il
y a des milliers
d'années, les hommes
broyaient déjà les
céréales, qui
additionnées d'eau
formaient une bouillie
d'orge, de blé, de
sarrasin ou d'avoine.
Peu à peu, ils ont donné
à ces bouillies une
consistance plus
épaisse.
Cette pâte réduite en
minces galettes séchées
ou cuites fournissaient
un aliment précieux car
il servait de provision
et pouvait être
transporté. |
|
 |
La brillante Egypte
Si l'Egypte est le
berceau des arts et des
sciences, elle est aussi
celui de la boulangerie.
Le paysan de la vallée
du Nil cultivait de
nombreuses céréales.
Les boulangers
confectionnaient des
pains de formes variées,
parfois destinés aux
rites et aux offrandes.
Farine, eau, sel, levain
: ils tenaient déjà la
recette du pain, qu'ils
enrichissaient parfois
de graisse, d'œufs ou de
miel. Les pains azymes,
eux, ne renfermaient pas
de levain. |
|
 |
Au temps des Grecs et
des Romains
Grecs et Romains avaient
eux aussi leurs
boulangers.
Et s'ils étaient d'abord
perçus comme des
mangeurs de maza et
polenta qui ne sont
autres que des
bouillies, ils se sont
vite régalés de pains
variés : pain mollet
additionné d'huile et de
lait, pain lachman à
manger chaud, pain
boletin en forme de
morille, pains ostrearii
à servir avec les
huîtres ! |
|
 |
Un Moyen-Âge contrasté
Les premières
boulangeries publiques
ont ouvert en France au
VIème siècle, dès le
Haut Moyen Âge.
On y vendait le pain
ordinaire ou pain bis,
le pain broyé (pâte
battue à l'aide de deux
bâtons), le pain de
Chailly (réalisé avec
les meilleures farines),
le pain d'épices... Un
choix qui bien sûr
n'était pas accessible à
toutes les bourses.
C'est seulement à partir
de 1050 que le pain
devient la base de
l'alimentation. Le rôle
du christianisme dans sa
promotion et sa
diffusion a été
considérable pendant
tout le Moyen Âge. |
|
 |
Le pain de la
Renaissance
Devenu, à la
Renaissance, aliment
populaire par
excellence, le pain se
dégustait blanc chez les
nobles et les bourgeois
qui l'achetaient chez
leur boulanger.
Les paysans se
contentaient d'un pain
noir qu'ils réalisaient
eux-mêmes à partir des
céréales disponibles. |
|
 |
Le pain du XVIIème
siècle
Le
XVIIème siècle vit
naître les sciences
agronomiques.
La boulangerie connut
aussi un essor. Les
farines sont devenues
plus blanches et les
pains jusqu'alors de
forme ronde ont commencé
à se diversifier. Autant
d'améliorations encore
réservées à la ville. |
|
 |
Le pain devenu symbole
au XVIIIème
Au XVIIIème siècle, le
pain représentait plus
qu'un aliment de base.
Il symbolisait le sacré,
l'espoir, la justice, la
stabilité.
C'était l'époque des
soulèvements populaires
tant redoutés par le Roi
de France, pour manque
de pain.
Alors l'Etat constituait
des stocks de grains,
cherchait des solutions
pour éviter les famines.
Parmentier proposa même
un pain aux pommes de
terre.
En 1793, on arrive au
pain pour tous, riches
et pauvres, le pain de
l'Egalité. |
|
 |
Le commerce devenu libre
au XIXème siècle
La préoccupation
constante
d'approvisionnement en
pain pendant la
révolution était
toujours d'actualité au
début du XIX ème siècle.
Napoléon aurait
d'ailleurs voulu
organiser la boulangerie
qu'il considérait comme
un service public. Après
une sombre période,
celle de la taxation du
pain entre autres, fut
proclamée en 1863 la
liberté du commerce de
la boulangerie.
A partir de la fin du
XIXème siècle, le pain
français s'est
distingué. A la question
"dans quel pays
mange-t-on le meilleur
pain ?", les réponses
étaient unanimes :
"C'est en France".
Ce fut pourtant aussi
l'époque où les
critiques furent
virulentes. |
|
 |
Un fournil bien équipé
Ce qui caractérisa enfin
le XIXème et surtout le
XXème siècle, ce fut
l'apparition des
machines dans les
fournils, en particulier
les pétrins mécaniques
qui remplacèrent, à son
plus grand soulagement,
les bras du boulanger.
Ainsi le boulanger
peut-il être fier
d'exercer un métier qui
a traversé les siècles,
accompagnant fidèlement
l'histoire des hommes. |

Quelques proverbes
|


 |
·
Gagner son pain ou
sa croûte (à la
sueur de son front)
·
Oter le pain de la
bouche
·
Le pain et le vin
sont le commencement
d'un festin
·
Manger le pain de...
·
Bon comme le pain
·
C'est du pain bénit
·
Se répandre comme
des petits pains
·
Ne pas manger de ce
pain-là
·
Ca ne mange pas de
pain
·
Avoir du pain sur la
planche
·
Manger son pain noir
avant son pain blanc
·
Perdre le goût du
pain (Mourir)
·
Faire passer le goût
du pain (Tuer)
·
Long comme un jour
sans pain
·
Tremper son pain de
larmes (En être
réduit au désespoir
et au pain sec)
·
A pain dur, dent
aiguë (Il faut
adapter les moyens à
la tâche à réaliser)
·
Tel a du pain quand
il n'a plus de dent
·
Pain coupé n'a pas
de maître (Se dit
quand on prend à
table le morceau de
pain d'un autre et
peut avoir un sens
plus large)
·
Nul pain sans peine
·
Il ne fait pas ce
qu'il veut celui qui
son pain sale.
(Quand on doit se
contenter de sel
pour garnir son
pain, on n'est pas
libre)
·
Celui qui est né
pour un petit pain
n'en aura jamais un
gros (Proverbe
québecquois)
·
Le pain d'autrui est
amer (Il est
désagréable de vivre
de la charité)
·
Là où pain fault
(=manque) tout
est à vendre
·
Les mains noires
font manger le pain
blanc (le travail
procure la richesse)
·
Après blanc pain Bis
ou faim
·
Si tu manges ton
pain blanc en
premier, tu manges
ton pain noir plus
tard
·
Il vaut mieux pain
sans nappe que nappe
sans pain
·
Mettre le pain à
l'envers empêche les
amours
(superstition de
Touraine)
·
Croûte de pâté vaut
bien pain (Le
meilleur peut
remplacer le bon)
·
Liberté et pain cuit
·
Avoir mangé plus
d'un pain (avoir
beaucoup voyagé)
·
Avec du pain et du
vin, il fera quelque
chose (à propos
de quelqu'un de
maladroit)
·
Avoir son pain cuit
(Etre riche ou,
moins agréable, être
condamné)
·
Changement de
corbillon (=
corbeille) fait
appétit de pain
bénit (Changer de
partenaire excite
l'appétit)
·
Coller un pain
(Frapper)
·
Donner du pain de
chapitre à quelqu'un
(Faire des
reproches à
quelqu'un)
·
Emprunter un pain
sur la fournée (Etre
enceinte sans être
mariée)
·
Grossier comme un
pain d'orge
·
Il ne vaut pas le
pain qu'il mange
·
Il ne veut pas
manger de pain moisi
(Il ne veut pas
être célibataire)
·
Il pleure le pain
qu'il mange
·
Il mange son pain
sous son manteau
(Il est avare)
·
Laisser manger son
pain (Faire
preuve de lâcheté)
·
Manger du pain rouge
(A propos des
malfaiteurs et des
assassins)
·
Pain dérobé réveille
l'appétit (Ce qui
est interdit est
attirant)
·
Y tremper son pain
(Métaphore
sexuelle)
·
Promettre plus de
beurre que de pain
(A propos des
mystificateurs)
|

Le mot "pain"
Pain est issu du latin panis.
A
la fin du Xème siècle, il
avait la forme de pan, puis pain
(1120). Panis désignait
l'aliment fait d'une masse de
farine délayée dans l'eau et
cuite au four, par analogie de
forme, une masse, une boule et,
tardivement, la nourriture, la
substance en général. Le terme
compagnon se compose de
cum "avec" et de panis "pain"
dont l'ancien sens était "celui
qui vit et partage ses activités
avec quelqu'un".
Le mot "boulanger"
Boulanger est un terme d'origine
picarde.
Il vient de boulenc "celui qui
fabrique des pains ronds", terme
picard d'origine germanique venu
des Francs, pour qui bolla
désignait un "pain rond". Bolla
peut être déduit du moyen
néerlandais bolle "pain
rond", du néerlandais bol
et de l'ancien haut allemand
bolla. Le suffixe -enc que l'on
trouve dans boulenc indiquait
l'auteur de l'action (comme
tisserenc d'où tisserand).
En latin médiéval, le
boulanger avait la forme de
boulengarius (1100), et
bolengerius (v. 1120), puis en
français bolengier (v.
1170) devenue boulanger en 1299.
A vrai dire, c'est le sort
commun pour presque tous ces
mots anciens que d'évoluer. Le
boulanger ne se contente plus de
faire des boules, mais aussi de
savoureuses baguettes pour
éclairer nos petits déjeuners,
on ne pourra que s'en réjouir.
Le
saint patron des boulangers est
Saint-Honoré, qui se fête le 16
mai.

Le pain courant
Le
pain blanc compte 255 Kcal pour
100 g.
selon le poids, il porte des
noms différents :
Le pain ou parisien pèse 400 g
la baguette 200 ou 250 g
le bâtard 250 g aussi mais sa
forme est plus courte
l'épi, à cause de sa forme, 250
g
la ficelle 100 g.
La composition : pour un kilo de
farine de blé, on ajoute 600 g
d'eau, 20 g de sel et 20 g de
levure.
Les pains spéciaux
Dès
que le pain contient d'autres
ingrédients que ceux du pain
blanc habituel, on parle de
pains spéciaux.
Le pain de campagne peut
renfermer en plus de la farine
de blé, de la farine de seigle
ou de la farine bise (contient
une partie des enveloppes du
grain de blé, d'où sa couleur).
Le pain de seigle : 65%
de farine de seigle et 35% de
farine de blé.
Le pain complet,
recommandé dans de nombreux
régimes, est obtenu à partir
d'une farine contenant tous les
éléments du grain de blé
(amande, enveloppes, germe).
Plus riche en vitamines B, en
sels minéraux et cinq fois plus
riches en fibres.
Le pain de mie : enrichi
de sucre, de matière grasse et
de poudre de lait.
Le pain au levain, a un
goût est plus ou moins acidulé
selon le levain utilisé. Il
nécessite un bon savoir-faire
car il s'agit d'une véritable
culture de ferments, élaborée
par le boulanger lui-même, sans
l'aide de souches sélectionnées
comme avec la levure.
Le pain azyme : Farine de
froment et eau, sans sel ni
sucre ni matière grasse
Le pain brioché : Enrichi
aux oeufs et au sucre
Le pain d'épice :
Adjonction de miel
Le pain fantaisie :
Adjonction de raisins, de noix
etc..
Le pain hypoprotidique :
Moins de 1% de protéines
Le pain au son : Farine
blanche dans laquelle on ajoute
du son (enveloppe externe du
grain de blé), Riche en fibres
et de valeur nutritionnelle
équivalente au pain complet.
Recommandé dans la constipation
chronique.
Le pain sans sel : Moins
de 15 mg/100 g de pain au lieu
de 500 mg, plutôt fade.
Le pain viennois :
Adjonction de lait et de sucre
Quelques pains régionaux
Le
pain plié breton est
allongé avant d'être replié sur
lui-même avant la cuisson.
Le pain brié, normand, se
garde très longtemps.
La faluche du Nord est à
déguster tiède et sucrée à la
cassonade.
Le bretzel, petit pain
alsacien doré, reste moelleux
grâce au lait et au saindoux
qu'il contient.
Le pain tordu du Limousin
est un pain long étiré à la
main, fendu du tranchant du
bras, puis tordu en hélice.
La tourte auvergnate, au
seigle, se conserve des
semaines.
La couronne bordelaise :
en prime de sa saveur, elle
décore la table.
Les fougasses provençales
sont parfumées à l'huile d'olive

Aujourd'hui, l'on peut faire son
pain à l'aide de machines
vendues dans toutes grandes
surfaces !
Mais quelle satisfaction de
mettre les mains dans la pâte
...
Recette
Ingrédients
|
Farine de blé
ordinaire |
350 grammes |
|
Eau |
210 grammes |
|
Levure fraîche de
boulanger |
10 grammes |
|
Sel |
10 grammes (1 c. à
café) |
Diluez la levure dans les 200 g
d'eau légèrement tiédie (environ
20°C) et mélangez bien.
- Dans une terrine, déposez la
farine.
- Ajoutez le sel.
- Versez l'eau et la levure.
- Malaxez les ingrédients.
- Dès que la pâte est un peu
homogène, déposez-la sur une
table.
- Pétrissez en soulevant la pâte
pour l'étirer et en la rabattant
sur elle-même.
L'opération est longue : comptez
une quinzaine de minutes. En fin
de pétrissage, la pâte est lisse
et souple au toucher.
- Formez une boule.
- Laissez-la reposer dans la
terrine recouverte d'un linge
environ 1 heure. La boule doit
doubler de volume.
- Retournez la pâte sur une
table légèrement farinée.
- Aplatissez-la avec les deux
mains afin de libérer le gaz
qu'elle a emprisonné.
Formez de nouveau une boule.
Votre pain aura donc la forme
d'une miche.
- Déposez-la sur la plaque de
cuisson et recouvrez-la d'un
linge légèrement humide.
- Laissez-la reposer environ une
heure. La boule doit doubler de
volume.
- Faites chauffer le four à vive
température (thermostat 8)
(250°C).
- Avant d'enfourner, humidifiez
le dessus du pâton avec un
papier absorbant.
- Avec un couteau très
tranchant, faites des entailles
peu profondes sur le dessus du
pâton.
- A mi-cuisson (environ 20
minutes), diminuez la
température (thermostat 6).
- Défournez environ 20 minutes
après.
- Laissez refroidir votre pain
avant de le consommer.

La chanson du pâtissier
Ayez pitié d'un petit pâtissier
dont l'amour se meurt aussi vite
qu'un éclair
Je lui ai offert un Saint
Honoré, j'en suis tout baba car
il s'en moka
J'ai tant de peine que je
pleure comme une madeleine car
je l'aime comme un chou à la
creme.
Si mon amour va toujours
croissant, je finirai ma vie
dans un puit d'amour
Pâte HISSIER

|

Jean-Paul PASQUET 2004 |

|