Un violent orage de grêle s'abat sur Saint-Setiers

2 toitures seulement résistent, celle de l'église et celle de Mr Michon

Saint-Setiers sinistré!

Un après-midi d'été comme les autres, il fait chaud, lourd, les gens sont enclins au farniente, soudain le ciel s'obscurcit il faisait nuit nous dira-t-on  ce roulement de tambour au loin qui se rapproche  et nous fait si peur c'est apocalyptique beaucoup croient à la fin du monde les sceptiques se contentent de redouter la nature les croyants invoquent le ciel quelques vieilles du pays insistent pour que la statue de Saint-Sagittaire soit promené dans les rues du bourg personne n'est volontaire pour se rendre à l'église sous des grêlons de la taille de prunes  afin de satisfaire aux caprices de quelques bigotes.... Fin de la première vague

Soudain la nuit s'efface devant une clarté digne des plus belles journées d'été et toujours ce roulement persistant, inquiétant le vent déchainé la nature qui se venge en  martelant toitures et voitures en supprimant l'électricité toutes ces inventions humaines dont elle semble ne plus vouloir avec cette force dont seuls sont capables les éléments qui nous en veulent de les discipliner

les arbres se couchent sur les voies d'accès comme pour empêcher les hommes de se secourir inutile d'essayer de téléphoner il n'y a plus de ligne Saint-setiers est seul au monde  Mon dieu que vont devenir ces jeunes qui sont à un méchoui au Monteil  Lucien Pasquet et Auguste Cloup descendent  en voiture par la route du moulin pour les secourir l'accès est coupé par ces géants de la forêt que nous aimons tant mais qui ce soir sont nos ennemis le demi-tour est inévitable, heureusement entre temps les jeunes sont revenus par la route de Chasseline encore pratiquable.

lAlors que l'on pense avoir connu le pire les éléments n'ayant montré que la moitié de leur capacité fracassent les vitres les toitures martèlent les voitures et les jardins avec une violence telle que le lendemain une vision digne du passage d'un typhon s'offre aux yeux ébahis des témoins : les maisons aux toits percés et sans vitres les jardins dévastés les voitures en tôles ondulées

 

© Jean-Paul Pasquet 2005